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Parties

Ce que vos réactions intenses essaient de vous dire

Stéphane Dion

Avril 2026 · 2 min de lecture

Imaginez la scène. Quelqu'un dit quelque chose d'anodin — un commentaire sur votre façon de faire, un ton légèrement condescendant — et en vous, quelque chose se lève. Une chaleur dans la poitrine. Une envie de couper court.

Vous reconnaissez peut-être la sensation. Et peut-être aussi ce qui vient ensuite : la honte de cette réaction. Pourquoi je m'emballe comme ça ?

L'IFS propose une réponse différente. Pas : « il faut apprendre à mieux gérer. » Mais : Qu'est-ce qui, en vous, a réagi — et pourquoi ?

Des parts, pas des défauts

Dans le modèle Internal Family Systems, ce qui réagit en nous, ce ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des parts — des dimensions de notre psyché qui ont développé des stratégies, souvent très tôt, pour nous protéger d'une douleur.

Ces parts ne sont pas irrationnelles. Elles sont datées.

La part qui s'emballe en réunion ? Elle a peut-être appris que si elle ne se bat pas, personne ne l'entendra. La part qui disparaît quand le ton monte ? Elle a peut-être compris que rester invisible était plus sûr.

Ces parts ne sont pas irrationnelles. Elles sont datées. Elles n'ont pas encore reçu le message que les choses ont changé.

L'erreur qu'on fait tous

La réaction habituelle face à ces parts, c'est de vouloir les faire taire. Mais l'IFS m'a appris quelque chose de contre-intuitif : plus on combat une part, plus elle résiste. Elle croit, profondément, qu'elle vous protège.

Ce qui change la donne, c'est la curiosité. Qu'est-ce que cette part essaie de faire pour moi ? Qu'est-ce qu'elle craint qu'il arrive si elle s'arrête ?

Ce que j'observe en séance

Quand quelqu'un arrive avec une réaction qui lui pose problème, ma première question n'est jamais « comment on fait pour que ça n'arrive plus ». C'est : Qu'est-ce qui se passait juste avant ?

Et puis on s'approche, doucement. On demande à cette part de se montrer. Très souvent, ce qu'on découvre, c'est de la fatigue. L'épuisement d'une part qui fait ce travail depuis des années, seule, sans jamais avoir été remerciée.

Ce moment-là — quand la part réalise qu'elle n'est plus seule — c'est l'une des choses les plus touchantes que je vois en accompagnement.

Stéphane Dion

Praticien IFS

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