Ce que vos réactions intenses essaient de vous dire
Stéphane Dion
Avril 2026 · 7 min de lecture
Dans le modèle IFS, ce qui réagit en nous avec force, ce ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des parts protectrices — des dimensions de notre psyché qui ont développé des stratégies, souvent très tôt dans notre vie, pour nous protéger d'une douleur.
La part qui s'emballe en réunion a peut-être appris que si elle ne se bat pas, personne ne l'entendra. La part qui disparaît quand le ton monte a peut-être compris que rester invisible était plus sûr.
Ces protecteurs sont des gardiens. Ils ont pris leur rôle très au sérieux, souvent depuis l'enfance. La réaction habituelle face à ces parts, c'est de vouloir les faire taire, les contrôler, ou les juger. Mais l'IFS enseigne quelque chose de contre-intuitif : plus on combat une part, plus elle résiste. Elle croit profondément qu'elle vous protège.
Ce qui change la donne, c'est la curiosité — demander à cette part ce qu'elle essaie de faire pour vous, ce qu'elle craint qu'il arrive si elle s'arrête.
Quand quelqu'un arrive avec une réaction qui lui pose problème, la première question n'est jamais comment on fait pour que ça n'arrive plus, mais plutôt : qu'est-ce qui se passait juste avant ? On s'approche doucement, on demande à cette part de se montrer.
Très souvent, ce qu'on découvre, c'est de la fatigue — l'épuisement d'une part qui fait ce travail depuis des années, seule, sans jamais avoir été remerciée. Ce moment-là — quand la part réalise qu'elle n'est plus seule — est l'un des plus touchants que j'observe en accompagnement IFS.