On n'efface pas une blessure — on apprend à l'accueillir
Stéphane Dion
Mars 2026 · 11 min de lecture
La guérison, dans la culture populaire, ressemble souvent à une disparition : on « surmonte » quelque chose, on « tourne la page », on « passe à autre chose ». L'IFS propose une vision radicalement différente. Guérir, ce n'est pas effacer une blessure — c'est apprendre à être en relation avec la part qui la porte.
Les exilés sont ces parts qui portent des émotions difficiles — honte, abandon, terreur, chagrin. Ils ont souvent été mis à l'écart par les protecteurs, parce que leur douleur était jugée trop intense, trop envahissante. Mais les exclure ne les guérit pas. Ça les isole davantage.
Le processus de guérison en IFS commence par trouver et écouter la part blessée. Pas pour la forcer à changer, mais pour lui témoigner de la présence. Souvent, ce dont elle a besoin, c'est simplement d'être vue — pour la première fois depuis longtemps.
Le thérapeute IFS accompagne ce processus : il aide le client à accéder à son Self pour qu'il puisse à son tour accompagner ses propres parts. C'est une thérapie de la relation intérieure.
Ce qui change dans ce processus, c'est le rapport à la souffrance. Elle ne disparaît pas, mais elle perd son caractère intolérable. Elle devient quelque chose qu'on peut tenir, explorer, comprendre — et éventuellement transformer.