L'IFS et le corps : quand les parts s'expriment physiquement
Stéphane Dion
Nov. 2025 · 8 min de lecture
Le corps est rarement neutre en IFS. Une tension dans les épaules peut être une part protectrice qui se contracte pour se préparer à une menace. Un nœud dans l'estomac peut être un exilé qui cherche à se faire entendre. Une chaleur dans la poitrine peut être une part en colère qui monte.
L'approche somatique de l'IFS — développée notamment par Susan McConnell dans Somatic IFS — part du principe que les parts n'habitent pas seulement les pensées et les émotions, mais aussi le corps. Et que le corps peut être une porte d'entrée vers les parts.
Dans la pratique, cela peut ressembler à ceci : on demande à quelqu'un de remarquer où, dans son corps, il ressent une certaine émotion ou tension. On lui demande ensuite de diriger son attention vers cet endroit — avec curiosité, sans vouloir changer quoi que ce soit. Et on commence à entrer en conversation avec ce que le corps exprime.
Certaines parts se révèlent plus facilement par le corps que par les mots. Une constriction dans la gorge peut révéler une part qui a appris à ne pas parler. Une lourdeur dans les jambes peut révéler une part qui veut fuir mais se sent bloquée.
Travailler avec le corps en IFS, c'est honorer la sagesse somatique du système — sa façon d'encoder des expériences qui n'ont pas pu être traitées autrement.